mercredi 21 juin 2023

J’écoute soudain le son imperturbable et inconnu du vide 


Sur l’arbre où je me trouve 

Il vient de chuchoter ce bruit que je vais dire 


J’écoutais 

Rossignol

La mélodie qui ne fait aucun bruit, du réel dont on prend enfin conscience 

Tourterelle

Le chuchotement de n’avoir rien à dire et rien qu’on ne puisse plus entendre 

Colibri

Ou l’on n’attend plus rien ni de soi ni d’ailleurs ou d’un autre, 

On l’on entend plus rien 

Mésange Où sont mes anges 

Ni les cris 

Ni l’écrit 

Ni son doigt sur la bouche ni les mains sur nos oreilles  

Il est finalement un retour 

Rouge-gorge

Un bruissement ineffable et omniscient  

Unique

Crac 


Un petit bruit, isolé, seul 

Merle noir

Qui vient  

Et à l’intérieur 

Nous revient

Multiple et répétitif 

Qui répète ce qui n’a pas existé avant 

Crac    crac       crac     

L’écho est le retour de ce qui se trouve au milieu du vide


Il nous répète soudain ce qu’on ne connaît pas, ce qu’on ne sait pas voir 


Crac 

Grive

Là où les petites choses ne font pas vibrer l’air 

Là où les rêves immenses font le bruit du silence

Où les coeur tambourinent dans des cages de verre   


Crac   crac       crac            crac 

Étourneau

Et je tournoie, étourdi 

J’écoute enfin le son, libérateur et libre, du vide qui chante à mon oreille 


Quand je me pose enfin, que la musique  trépasse  


Sur l’arbre ou je suis bien et où le vent m’a mis 

Une note, juste un son,


Un bruit de branche qui casse. 


Crac 


samedi 7 juillet 2018

Elle ondulait dans le regard des autres ;
Leurs yeux des rivages où s’échouait sa beauté.

mercredi 21 mars 2018

Jeteuse de sorts et de lunes et de vents
Un sourire au début du printemps
Liquéfiable magie,
Ineffable sourire

Evidemment. 

vendredi 19 mai 2017

J'ai eu d'elle sur les lèvres un baiser, quand j'aurais espéré une petite cicatrice, que j'aurais pu garder. 

samedi 30 juillet 2016

Y'a des filles c'est des flingues
J'me casserais bien avec elles
J'me tirerais bien
Une balle dans le foie,
Une fois de plus.

Tu dansais sans savoir ton corps prohibé. 
Le ciel était jaloux de toi. 
Le ciel n'est plus grand chose quand tu marches ici-bas. 

mercredi 13 juillet 2016

Au bouquet je n'ai rien écrit. 
Je n'ai pas écrit la tristesse. 
Pas le ciel encombré, pas les volutes oubliées, pas les silences entendus. 
Je n'ai pas écrit au bouquet. 
On n'écrit rien au bouquet.
On boit sa bière ou son thé. 

dimanche 29 mai 2016

Trois ou quatre notes. Une seule case. 
J'ai raté le somptueux moment où l'univers nous emporte. Une note. La même. Plusieurs fois. Encore une spirale dans ma tête. J'ai raté l'univers comme un bus qu'on ne prendra jamais. Au dessus de ma tête l'ombre candide d'une ingénieuse improbable. Et au dessus les notes sèches de ses talons sur le sol. Les notes ouvertes à la raison du ciel. Le ciel est gris, une cendre, un fil de coton, encore le bruit de son talon, une gorge éclatée,  un violon borgne, un vol d'étourneaux détourné et la carte éventrée d'un tarot sur la table.
J'ai raté un bus, et je cours face au mur. Face au mur dense des cous saillants. Elle est là sur la lame aiguisée de l'horizon polit. Une esquisse se déguise et je ne sais plus savoir qui je veux embrasser. Je cours face à toi, délicieux grain de peau. Je cours sur ton couteau de sable et de vengeance. Et tu dis la musique et les notes. Trois ou quatre notes. Une seule case. Et l'univers, le même. 

mardi 26 avril 2016

Vertige tant espéré.
Ivresse du souvenir d'un visage vibrant,
rétine encore vissée dans l'impossible rêve
gisant, mais qu'on voudrait caresser d'autres nuits.

Inconnue invisible, comme un nouveau soleil
naissant dans l'horizon,
Il ne sera demain que tes lèvres de cire
Encaustiquant le jour de ton vernis brûlant.

mardi 5 avril 2016

Pendant que les ombres 
attendent le retour d'une lune lunaire
une herbe folle parfois les surprend
redessinant les contours électriques 
affables mais qu'on avait, un mercredi fait taire

mardi 14 juillet 2015

"Regarde moi".
Imprudent il dessinait
Des lèvres un chant
Caillou sur la langue qu'il voulait inonder
Secondes qu'il voulait suspendues,
Nébuleuse revenue
Merveilleuse.

Ses lèvres un champ
Impeccable.
Et mes dents incapables.

mercredi 14 janvier 2015

dimanche 19 octobre 2014

Elle voulait voir la mer, elle voulait rire et se perdre. 
Je connaissais trop bien la mer, les rires trop peu, 
j’ai choisi de la perdre.


extrait, in Suspensions
IL FAIT BEAU DANS L'A. SONG FOR M.
 

samedi 18 octobre 2014

Mes flaques de jour sont des torrents la nuit.



L'HOMME QUI BRÛLE

Les rêves sont des doigts dans les vents où je m'en vais.
Les mains toujours ouvertes comme pour cueillir le fruit des nuits que l'on aura passé debout.
On y fabrique les histoires avec les plumes des passants, on écrit avec les ongles un peu sales, toujours.
Les visages sont des lignes sur lesquelles roulent les souvenirs que l'on aura demain.
Mes yeux à demi-clos, regarde les pliures qui se sont dessinées. Regarde, on voit loin, au delà des poudres tombées sur nos gencives aimantes.
Dans le trou parfois noir des secrets que l'on veut bien entendre, on avance.
On avance main dans la main, on connaît la saveur des couleurs, l'odeur inaltérée des soleils impeccables. On avance et les vents gonflent nos oraisons.
Ici j'arrive à la poussière, et la poussière arrive à nous.
L'iris lunaire, assis sur une étoile de sable, je découvre comme une toile de Rimbaud, les courbes délicieuses de l'inconnu fendu.
Une main sèche m'attrape le cœur, me tire au dehors du dedans, m'étire comme une aile et m'enroule au couchant.
Lumières, tant voulues,
venimeuses amoureuses lumières langues lucioles insectes merveilles de feu de bois lumières liquides lumières dans le cou des ombres, lumière vespérale,
lumière à ton satin je succombe.
La nuit explose, l'écho n'attrapera pas son cri,
trop nocturne ou trop gracieux.
Il est long ce poème qui s'écrit dans mes yeux, et chaque lettre est frappée, lentement, dans le ventre du ventre. Et ça frappe et ça tape là, tout autour, ça bat un tempo que le temps, lui que personne n'écoute, est bien jaloux d'entendre.
Et ça danse.
Les loups venus chantent les mélodies filantes que les corps décomposent,
les lèvres laissent aux dents l'espace pour dire je t'aime.
Et le coton de l'aube vient caresser ma nuque.
Éthylique divin je t'avais laissé fuir, comme moi, aux araignées nouvelles aux fièvres somptueuses. Je connais toutes les sueurs et toutes les maladies.
Embrasse moi comme un homme.
Et on s'enlace dans ton froid qui est mon chaud.
Le jour repeint les étoiles,
la poussière repeint les corps,
les corps dépeignent l'ineffable.
Et tes problèmes sont mes poèmes.

L'ivresse boit le jour,
les jours se suivent, ne se ressemblent pas.
Un jour il faut partir, pour un nouveau sommeil où glisser nos ardeurs.
Dans les vents où je m'en vais,
je garde sur la peau,
Vénus de poussière,
l'or brillant des secrets qui dorment encore là-bas. 
LA RIVIÈRE (2012)

 

mardi 27 mai 2014

Ici, les chimères renaissent
Le goût 
Intact
Dans la bouche où il fait froid.
Un flot
Rance
D'ivresse oubliée
Coule sur mon dos.
La lune lèche mon visage
Le bras menu d'une étoile me soulève,
Il fait jour
Et déjà les vents ont soufflé sur mes yeux.

Ici, comme ailleurs, les hommes et les chimères ont du sel sur les joues.
Dans les pliures les poches
Les vagues
L'écume se tait.

mardi 28 janvier 2014

AU FOND DE LA GORGE

Au fond de la gorge les alcools
Les feuilles séchées les feulements
Au ventre les œdèmes les peaux qu'on ne brûlera pas
Sous les ongles
Toujours un peu d'or
Les ongles sales.
Plante ta musique dans mon crâne
Il ne s'y passait rien
Clic clac

Plante ta musique
J'entends tes feulements.


lundi 27 janvier 2014

Je suis sorti cueillir le vent.
À tout de suite.
HESPÉRIDES

Hespéride fille
Au palais des supplices,
Le jour est un sommeil
Sans tes épines bleues.

jeudi 23 janvier 2014

DANS LE SECRET D'UN REGARD DÉTOURNÉ

Parfois, dans le secret d'un regard détourné, d'un iris maladroit, au delà des femmes nues couchées sur les collines de la folie du monde, il faut savoir lire l'envie d'une danse, l'envie d'un rock long qui ne s'arrêterait pas. Un rock qui se vivrait derrière des masques vénitiens, un rock d'ivresse dans la lueur d'un feu de joie. J'étais nu ce jour là, j'avais les femmes du Sahara, les femmes d'Asie, les femmes de l'est, du sud, les femmes des quatre vents, j'avais les courants d'air et j'avais les frissons. J'avais en moi surtout les rires éthyliques des premiers bourbons. Je serai nu à nouveau, je ne saurai plus danser, pourtant je voudrai vivre et je voudrai crier.

extrait, in Suspensions

mercredi 22 janvier 2014

FOLLE LUNE

Folle lune
De la pleine nuit
Au bruit sauvage chant
De verre ou de cristal lueur
Un feu de bois
Sur ma langue noircit.
Papilles vaines
Veines pupilles
Charbon sang
Jupe fleur
Folle lune à ton pied je m'effondre.

mardi 21 janvier 2014




LE TROU DE L'OEIL

Par le trou de l’œil
Ce matin j'ai regardé dehors
Il ne faisait pas beau
J'ai fermé les paupières
Je suis resté à l'intérieur.
On n'achète pas
le ciseau de tes lèvres.

jeudi 16 janvier 2014



NOIR

Ta peau morphine
Où mon absence erra
Tombeau
Ce drap de chair
Prairie d'encre létale

S'est couchée ma brûlure.

mercredi 15 janvier 2014

LES DÉLICIEUSES

Elles flânent à l'intérieur de moi comme des parfums d'épices,
se promènent en mon for
comme on se roule nu dans un chant d'hirondelle.
Les délicieuses portent des jeans et des tee-shirts blancs,
qu'elles subliment impeccables de leurs dix-sept printemps.

extrait, in Suspensions

mardi 14 janvier 2014

TA BOUCHE

Ta bouche est un poème
Ineffable et brûlant
Et je meurs.
Et je jouis

Sitôt que je meurs.

vendredi 10 janvier 2014

Ouvrir le corps aux nuées d'oiseaux
Accepter l'immense et l'infime frisson
Laisser pénétrer la langue
savoureuse
de l'inconnu et
Prêter la sienne à l'orage qui lèche la route des solitaires.