J’écoute soudain le son imperturbable et inconnu du vide
Sur l’arbre où je me trouve
Il vient de chuchoter ce bruit que je vais dire
J’écoutais
Rossignol
La mélodie qui ne fait aucun bruit, du réel dont on prend enfin conscience
Tourterelle
Le chuchotement de n’avoir rien à dire et rien qu’on ne puisse plus entendre
Colibri
Ou l’on n’attend plus rien ni de soi ni d’ailleurs ou d’un autre,
On l’on entend plus rien
Mésange Où sont mes anges
Ni les cris
Ni l’écrit
Ni son doigt sur la bouche ni les mains sur nos oreilles
Il est finalement un retour
Rouge-gorge
Un bruissement ineffable et omniscient
Unique
Crac
Un petit bruit, isolé, seul
Merle noir
Qui vient
Et à l’intérieur
Nous revient
Multiple et répétitif
Qui répète ce qui n’a pas existé avant
Crac crac crac
L’écho est le retour de ce qui se trouve au milieu du vide
Il nous répète soudain ce qu’on ne connaît pas, ce qu’on ne sait pas voir
Crac
Grive
Là où les petites choses ne font pas vibrer l’air
Là où les rêves immenses font le bruit du silence
Où les coeur tambourinent dans des cages de verre
Crac crac crac crac
Étourneau
Et je tournoie, étourdi
J’écoute enfin le son, libérateur et libre, du vide qui chante à mon oreille
Quand je me pose enfin, que la musique trépasse
Sur l’arbre ou je suis bien et où le vent m’a mis
Une note, juste un son,
Un bruit de branche qui casse.
Crac

