samedi 18 octobre 2014
L'HOMME QUI BRÛLE
Les rêves sont des doigts dans les vents où je m'en vais.
Les mains toujours ouvertes comme pour cueillir le fruit des nuits que l'on aura passé debout.
On y fabrique les histoires avec les plumes des passants, on écrit avec les ongles un peu sales, toujours.
Les visages sont des lignes sur lesquelles roulent les souvenirs que l'on aura demain.
Mes yeux à demi-clos, regarde les pliures qui se sont dessinées. Regarde, on voit loin, au delà des poudres tombées sur nos gencives aimantes.
Dans le trou parfois noir des secrets que l'on veut bien entendre, on avance.
On avance main dans la main, on connaît la saveur des couleurs, l'odeur inaltérée des soleils impeccables. On avance et les vents gonflent nos oraisons.
Ici j'arrive à la poussière, et la poussière arrive à nous.
L'iris lunaire, assis sur une étoile de sable, je découvre comme une toile de Rimbaud, les courbes délicieuses de l'inconnu fendu.
Une main sèche m'attrape le cœur, me tire au dehors du dedans, m'étire comme une aile et m'enroule au couchant.
Lumières, tant voulues,
venimeuses amoureuses lumières langues lucioles insectes merveilles de feu de bois lumières liquides lumières dans le cou des ombres, lumière vespérale,
lumière à ton satin je succombe.
La nuit explose, l'écho n'attrapera pas son cri,
trop nocturne ou trop gracieux.
Il est long ce poème qui s'écrit dans mes yeux, et chaque lettre est frappée, lentement, dans le ventre du ventre. Et ça frappe et ça tape là, tout autour, ça bat un tempo que le temps, lui que personne n'écoute, est bien jaloux d'entendre.
Et ça danse.
Les loups venus chantent les mélodies filantes que les corps décomposent,
les lèvres laissent aux dents l'espace pour dire je t'aime.
Et le coton de l'aube vient caresser ma nuque.
Éthylique divin je t'avais laissé fuir, comme moi, aux araignées nouvelles aux fièvres somptueuses. Je connais toutes les sueurs et toutes les maladies.
Embrasse moi comme un homme.
Et on s'enlace dans ton froid qui est mon chaud.
Le jour repeint les étoiles,
la poussière repeint les corps,
les corps dépeignent l'ineffable.
Et tes problèmes sont mes poèmes.
L'ivresse boit le jour,
les jours se suivent, ne se ressemblent pas.
Un jour il faut partir, pour un nouveau sommeil où glisser nos ardeurs.
Dans les vents où je m'en vais,
je garde sur la peau,
Vénus de poussière,
l'or brillant des secrets qui dorment encore là-bas.
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